Notre corps se tend, le stress arrive, et un léger sourire en coin de notre bouche commence alors à naître. Pas celui, de la joie. Non. Plutôt celui de la gêne.
Pourtant on en a lu des livres et des articles de développement personnel. On en a écouté des émissions radios avec des spécialistes, des experts. On en a vu des films où l’on cherchait à s’identifier aux héros. On s’est inscrit au Crossfit, à la salle de gym, aux arts martiaux, aux sport de combat, au théâtre… Bref, on ne peut pas dire qu’on a pas essayé de la travailler : cette estime de soi.
Et pourtant en une phrase, tout s’effondre. Nous sommes fiers de ce que l’on est ? De ce que l’on fait ? Doucement. N’en faisons pas trop. Restons humbles. Il ne s’agirait pas de paraître hautains. Utilisons un terme bien politiquement correcte. C’est fait pour ça : Gommer les différences et atténuer les jugements. Et c’est ainsi qu’en une expression définie dans un texte de loi, nous nous sommes autorisés à résumer les 5 ou 10 dernières années de notre vie.
Parfois on a honte. Pas forcement de soi d’ailleurs. Mais plutôt de l’image que l’autre va avoir de nous là tout de suite, de notre situation. Alors là encore le politiquement correct est bien trouvé, et nous sauve, un peu. Un peu seulement puisque toutes manières, il va la sentir cette gêne. Qui le rendra gêné à son tour. Du coup, il ne rentrera pas trop dans les détails et la discussion tournera surtout autour de la pluie qui ne cesse de tomber depuis une semaine. Ca c’est un vrai problème !
“Ce que je fais dans la vie ? Tu veux dire quel métier ?”
“Oui c’est ça. C’est quasiment toujours ça.”
“Je m’occupe d’une T.P.E. dans le décolletage.” (TPE=Entreprise < 10 salariés)
“Ah c’est bien !” “Et où ça ?”
La suite de la conversation n’est que peu passionnante.
Que se serait-il passer, si à la 1ère question, le chef d’entreprise avait répondu : “Je fais chaque jours de mon mieux pour créer des pièces pour l’horlogerie les plus précises de la région. Et en participant à une entreprise qui donne le sourire à 8 personnes tous les jours.”
“Je suis auxiliaire puéricultrice”
Parfait. Qu’arriverait-il si l’on remplace cela par : “ Je permets à des enfants de moins de 3ans, par le jeu, de s’éveiller au monde et d’expérimenter la relation aux autres”.
“Je suis designeuse freelance”
Essayons par exemple avec “J’accompagne chacune des organisations avec qui je travaille, à illustrer précisément son univers, ses couleurs, ses formes, ses motifs”.
Quel pouvoir ont ces réponses ? Immense.
Combien de chances existe-t-il en plus pour que la personne en face se souvienne de nous ? Beaucoup.
Et de faire naître chez lui un sentiment d’optimisme et de joie pour les quelques minutes de notre conversation ? Certainement.

Alors dans ce cas, pourquoi résumer toujours notre vie à notre métier ?
Tout ce que l’on aime, ce qui nous passionne et que l’on fait par pur plaisir. Cela mériterait sans doute la première place dans les réponses cette question.
“Et toi ? Tu fais quoi dans la vie ?”
“Je m’entraîne pour ma prochaine compétition de Boxe” ou alors “Je répète le prochain morceau de musique avec mon groupe” ou même plus essentiellement “Je cuisine tous les jours les meilleurs plats avec la meilleur nourriture que j’adore manger” ou enfin simplement “J’aime mes enfants le plus profondément du monde, chaque seconde qui passe”.
Allé. Maintenant, c’est notre tour. Essayons d’être nous même. Et d’en être fier.
Essayons juste de changer cette simple petite phrase. Cette simple petite réponse que l’on donne partout : dans nos vie pros, persos, sur nos C.V., sur nos profils sur les réseaux sociaux.
Transformons-la pour commencer.
Trouvons une autre formule qui nous plaise, nous définisse mieux et qui souligne vraiment notre richesse.
Et voyons ce qu’il se passe. Observons la différence de réponse que nous obtenons. La différence de dose de sourire et de joie que nous recevons. En fait, très simplement, nous avons un grand pouvoir. Pour nous, et les autres.